dimanche 5 septembre 2010

Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald

Une lecture conseillée par Myrtille ! Avec un post-face de Matthew Bruccoli et une traduction de Jacqueline Remillet. Ce roman de 420 pages est publié aux éditions Robert Laffont dans la collection Pavillon Poche.

Accordez-moi cette valse est un roman autobiographique dans lequel Zelda Fitzgerald a transposé sa vision toute personnelle de son mariage avec Scott Fitzgerald. Elle y apparaît elle-même sous le nom, à peine voilé, d'Alabama Beggs, incarnation de ces belles du Sud dont elle était une parfaite représentante. Son mari y figure, lui, sous le nom de David Knight. Écrit en "six furieuses semaines", le manuscrit fut accepté d'emblée par Maxwell Perkins, le propre éditeur et ami de Scott Fitzgerald chez Scriber's. S'il fut boudé par la critique à sa parution, le livre a été réhabilité lors de sa réédition au début des années 1950. Ce portrait d'un homme doué qui s'autodétruit, enfin apprécié à sa juste valeur, est désormais considéré comme une œuvre "puissante et mémorable" (le Times Literary Supplement) dont les personnages et leurs actions - tragiques - contrastent magnifiquement avec le cadre de cette Côte d'Azur ensoleillée où ils évoluent. Au-delà de cette peinture d'une époque et de ses personnages, Accordez-moi cette valse est aussi, et peut-être avant tout, un grand roman d'amour. 

Le monde des lettres a connu peu de destins aussi tragiques que celui de Zelda Fitzgerald (juillet 1900 - mars 1948), née Sayre dans une austère famille de l'Alabama (son père fut juge à la Cour suprême de cet État). Jeune encore, elle défraya la chronique par sa beauté - elle fut bientôt élue Miss Alabama -, mais aussi par sa coquetterie : on dit qu'elle pouvait donner rendez-vous à quatre garçons différents le même soir. Ayant épousé le jeune et brillant Scott Fitzgerald en 1920, elle forma avec ce dernier le couple qui devait incarner de la façon la plus spectaculaire l'âge d'or des années folles : ils furent l'image même des enfants du jazz. Cependant, très vite, l'alcoolisme de Scott Fitzgerald et la fragilité psychologique de Zelda (que l'on qualifia de schizophrène) mirent à mal l'idylle que retrace le roman Tendre est la nuit. C'est au cours d'un de ses premiers internements, en 1932, que Zelda écrivit Accordez-moi cette valse. Son mari corrigea les épreuves avec elle et ils collaborèrent aussi à plusieurs nouvelles. Mais son état s'étant aggravé, Zelda reprit pour toujours le chemin des hôpitaux psychiatriques. Elle devait décéder à l'âge de quarante-sept ans dans l'incendie de son pavillon hospitalier d'Ashville, en Caroline du Nord, alors qu'en dépit de la maladie, elle travaillait à un second roman. C'était huit ans après le décès prématuré - celui-là aussi - de l'auteur de Gatsby le Magnifique.



Frédéric Fontès

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Comment dire? Je suis très honorée de figurer dans ton blog, frederic; il est super bien fait et je l'adore, voilà!Si tu veux tenter l'aventure Zelda, tu n'as qu'un mot à dire et je te l'envoie de très bon coeur!

amicalement,

Birdie alias myrtille

Fredo a dit…

Trop tard, je l'ai déjà commandé !
:p
Merci pour les commentaires, ça fait zizir.
N'hésites pas à venir faire un coucou sur fb ;)