vendredi 27 janvier 2012

Chronique : Les Fleurs de l'Ombre de Steve Mosby (Sonatine)

Présentation ICI.
Avant de parler des Fleurs de l'ombre de Steve Mosby, je vais évoquer la jolie couverture des éditions Sonatine qui fait un renvoi à celle de Un sur deux. La chaise vide, unique élément du décor, ou la balançoire en bois au milieu de nulle part, évoquent autant la solitude des personnages que la place prise par le lecteur s'immergeant dans le livre qu'il a entre les mains.
Un siège, véritable invitation pour le lecteur à s'installer. Une image qui permet de faire la jonction avec un élément essentiel de ce nouveau roman de l'auteur britannique : la mise en abyme.
Selon la définition du wikipedia, c'est « le procédé qui consiste à représenter une œuvre dans une œuvre du même type, par exemple en incrustant une image en elle-même. On retrouve dans ce principe l'« autosimilarité » et le principe des fractales ou de la récursivité en mathématiques.»
Pour expliquer la mise en abyme aux enfants (merci Assma !) les professeurs prennent pour exemple la Vache qui rit. Prenez une boite. Sur l'image, vous voyez la Vache qui rit. Elle porte des boucles d'oreilles qui sont en fait des boites de Vache qui rit. Sur ces boites, vous voyez la Vache qui rit, qui porte des boucles d'oreilles, etc.
Dans le cas qui nous concerne, Steve Mosby aborde la mise en abyme dans un thriller, comme Stephen King dans la Part des Ténèbres ou dans Lignes de sang de Gilles Caillot. On pourrait peut être même ajouter l'Anneau de Moebius de Franck Thilliez.
Dans les Fleurs de l'ombre, Neil Dawson découvre l'existence d'un roman de Robert Wiseman sur lequel son père faisait une sorte de fixation, livre évoquant des évènements qui se sont véritablement déroulés. Évènements qui reviennent hanter le héros à présent que son père s'est suicidé.
Le début peut sembler un peu nébuleux, la mise en abyme nous laissant parfois un peu étourdi, surtout à la fin. Il faut quelques pages pour trouver ses marques et commencer à entrevoir les tenants et aboutissants de l'intrigue.
La machine commence à entrer en mouvements quand on se pose la question de savoir si le livre de fiction s'est inspirée de la réalité ou si quelqu'un dans la réalité du héros s'est inspiré du livre pour commettre ses méfaits.
Je parle de réalité du héros parce qu'en ouvrant le livre, nous entrons à la fois dans celle de Neil Dawson et de sa compagne enceinte (qui est aussi l'auteur d'une nouvelle qui met en scène un jeune couple de futurs parents, oui, accrochez-vous), mais aussi dans celle de Robert Wiseman (on peut en découvrir des passages dans les Fleurs de l'ombre) et bien sûr, ne l'oublions pas, dans celle de Steve Mosby, qui se cache derrière le JE de Neil et le ELLE de l'Inspectrice Hannah Price.
Mise en abyme que met clairement en avant la toute dernière phrase du roman.
Un bon opus qui rejoint Un sur deux pour son vilain assez effrayant.
 À voir, les films The Woman (pour la famille de dingues, 2011) et Nuits de cauchemar - Motel Hell (pour les fleurs aux graines insolites, 1980).





Frédéric Fontès

Aucun commentaire: