dimanche 25 octobre 2009

Un Pied au Paradis de Ron Rash

Oconee, comté rural des Appalaches du Sud, années 50.

Une terre jadis arrachée aux Indiens Cherokee et qui bientôt sera définitivement enlevée à ses habitants : la compagnie d'électricité Carolina Power rachète peu à peu tous les terrains de la vallée pour construire une retenue d'eau, un immense lac qui va recouvrir les fermes et les champs. Ironie du sort : une sécheresse terrible règne cet été-là, maïs et tabac grillent sur pied dans les champs arides.

Le shérif Will Alexander est le seul à avoir fréquenté l'université, mais à quoi bon, quand il s'agit de retrouver un corps astucieusement dissimulé ? Car Holland Winchester a disparu. Il est mort, sa mère en est sûre, qui a entendu le coup de feu chez leur voisin. L'évidence et la conviction n'y font rien : pas de cadavre, pas de meurtre. Sur fond de pays voué à la disparition, une histoire de jalousie et de vengeance, très noire et intense, sous forme d'un récit à cinq voix : le shérif, le voisin, la voisine, le fils et l'adjoint.


Traduction : Isabelle Reinharez pour les éditions du Masque (26 août 2009)

Mon avis sur Polars Pourpres : Un récit aride, vénéneux et fiévreux. Le sol est sec, le sang est mêlé et les âmes brûlent. Un auteur à suivre.

Je ne vais pas être aussi enthousiaste que Didier mais j'ai passé un bon moment de lecture. Le premier sentiment que j'ai là, en tournant la dernière page, c'est de rester un peu sur ma faim. J'ai comme l'impression qu'il manque un petit je-ne-sais-quoi qui aurait pu en faire une merveilleuse pépite.
C'est la même impression que j'ai eu à la lecture du chapitre consacré au Shérif.

Mais en prenant un peu de recule, une histoire n'a pas forcément à se conclure de la manière la plus extravagante qu'il soit. Elle a juste à se conclure. Et c'est ce que fait Ron Rash. Du coup là, au moment où j'écris ce message, je repense au Colorado Kid du King.

À noter que les cinq récits ne répètent pas forcément cinq fois la même chose. Du point de vue temporel du déroulement de l'histoire, on va dire que ce sont surtout cinq maillons d'une chaine. Le maillon 2 empiète un peu sur l'histoire du 1, le 3 sur le 2, etc. Et chaque chapitre en donne un nouvel éclairage.

Et c'est là que l'on commence à voir les effets de cette histoire sur le lecteur. On s'imprègne doucement de ce venin qui a fait son chemin dans la vie des personnages.

L'intrigue prend véritablement son envole avec le second chapitre consacré à la femme, puis au voisin pour se conclure avec celui de l'enfant. La dernière partie avec l'adjoint me semble même superflue. Et puis au final, il me semble que le personnage du Shérif est l'âme de ce livre. À la fin, il est le seul à pouvoir comprendre ...

C'est une belle ballade dans l'Ouest américain, où Rash parvient simplement à nous faire ressentir l'aridité de la terre et le bruissement des cailloux sous les chaussures. Une histoire dont des images vous hantent encore après lecture.

Frédéric Fontès

Une Femme Simple et Honnête, de Robert Goolrick


Présentation de l'éditeur : Wisconsin, automne 1907. Sur un quai de gare, Ralph Truit, magnat local, attend un train dans lequel se trouve son dernier espoir, une promesse de bonheur et d'harmonie retrouvée. Plusieurs mois auparavant, il a placé une annonce dans un journal pour trouver une femme. Dans le train, Catherine Land se débarrasse de ses atours de courtisane pour se déguiser en femme simple et honnête.


Traduction de Marie de Prémonville pour les éditions Anne Carrière.


Such things happen.
Ce superbe roman de Robert Goolrick, une Femme simple et honnête, est une fable littéraire sur la perte de l'amour. Un petit opéra de 411 pages.

Que devient une âme dans le corps d'un être que l'amour a quitté ? Qu'éprouve-t-il à l'évocation des souvenirs de la passion et de la chaleur du corps de l'autre ? Que fait-il quand il a l'occasion de se repentir ? Qu'est-il prêt à subir pour avoir une nouvelle chance ?


«Il est des choses auxquelles on échappe, pensa-t-il. Mais contre la plupart d'entre elles on ne peut rien, et le froid en fait partie. On n'échappe pas à ce qui est écrit pour nous, surtout au pire. La perte de l'amour. La déception. Le fouet aveugle de la tragédie.»

C'est avec charme et lyrisme que Robert Goolrick nous dépeint cette histoire ayant pour cadre un coin du Wisconsin, à l'aube de l'hiver 1907. L'auteur excelle à nous faire partager les tourments de son richissime héros, Ralph Truitt mais il l'est tout autant avec l'autre héroïne du livre, Catherine Land. Il parvient à merveille à incarner en Catherine la profondeur et la complexité d'une femme hantée et tout aussi tourmentée que son futur compagnon.

Cette faculté qu'a l'auteur à plonger dans les recoins les plus intimes de l'âme de Catherine Land nous fera à la fois frémir et espérer, comme Truitt.

«Il se rappelait la première fois qu'il avait vu le bras nu d'une femme. La première fois qu'une femme avait dénoué ses cheveux rien que pour lui, la cascade riche et saisissante de la chevelure, et ce parfum de savon et de lavande. [...] Il sentait encore la chaleur de son premier baiser. Il avait aimé tout cela. Autrefois, rien d'autre ne comptait pour lui. Tout le sens de sa vie était contenu dans les appétits de son corps»
La trouvaille aussi de ce livre est éditoriale. Les éditions Anne Carrière ont eu la riche idée de confier l'adaptation de ce roman à Marie de Prémonville. Elle retrouve ici un univers qui lui sied à merveille, où chaque mot à son importance et son évocation, doux comme la soie ou piquant comme la morsure du froid.

Une femme simple et honnête, c'est l'histoire des ruines de deux vies, d'un vieux jardin italien et des obsessions qui poussent des êtres à vouloir changer les choses, à vouloir les venger aussi, sans se soucier des conséquences.

Ce côté irrévocable saute aux yeux en cours de lecture, comme cela avait était le cas en lisant la Ballade du Café Triste de Carson McCullers. Les personnages s'engagent dans un sentier qui va les mener à la tragédie. Ils ont alors à ce moment un œil particulier sur ce qui les entoure.

Le narrateur également va profiter de cette torpeur pour insuffler à son récit de la poésie, de la philosophie et de l'amour. Parce que pour dépeindre au mieux la tragédie, le pessimisme, la vengeance et la trahison, il faut aussi pouvoir exprimer la passion, l'optimisme, l'amour et la dévotion.

En nous présentant les tragédies des vies respectives de Ralph et de Catherine, Robert Goolrick permet à quelques rayons de soleil de s'immiscer et d'éclairer leurs espoirs et leurs rêves. Et c'est cet équilibre que l'auteur va parvenir à maintenir, jusqu'à la dernière page du roman. Jusqu'à ce que la vérité du cœur l'emporte sur tout le reste.

Ces choses là arrivent.

Frédéric Fontès

les Murmures des Morts de Simon Beckett


Après la Mort à Nu et Poussière d'Os, c'est en février prochain que paraitra, aux éditions Calmann-Lévy, le troisième roman de Simon Beckett : Les Murmures des morts.

Pour la première fois, David Hunter se demande s’il aura la force de continuer à exercer son métier… David Hunter, expert en anthropologie et médecin légiste, décide de partir aux États-Unis pour faire de la recherche. Il étudie la décomposition de cadavres dans l'enceinte médico-légale appelée "the body farm". Là, il retrouve l'un de ses anciens mentors, le sympathique Tom Lieberman. Lorsque la police découvre un cadavre mutilé dans une cabane au fond des bois, Tom demande à David de l'accompagner, afin de lui donner son avis. La dissection du cadavre commence. Tom se fait aider par un jeune homme, Kyle, un assistant à la morgue, qui a un comportement plutôt étrange. Bientôt, la police retrouve un autre cadavre, lui aussi examiné par Kyle à la morgue. Des aiguilles ont été placées dans le cadavre : elles empoisonnent Kyle et font partie d’une mise en scène macabre que semble affectionner le meurtrier. David Hunter est à son tour menacé, et un peu malgré lui, il se retrouve en première ligne pour identifier le psychopathe et mettre un terme à sa folie meurtrière …

Le site de l'éditeur : www.editions-calmann-levy.com







Cadres noirs de Pierre Lemaitre


Après Travail Soigné et Robe de Marié, voici le nouveau roman de Pierre Lemaitre à paraitre en Février prochain aux éditions Calmann-Lévy.

Quand le jeu de rôle tourne au jeu de massacre…

Alain Delambre est un cadre de 57 ans littéralement lessivé par quatre années de chômage. Ses espoirs d’une retraite suffisante s’éloignent. Il craint de devoir quitter l’appartement qu’il ne pourra bientôt plus payer. Certain de perdre peu à peu l’estime de sa femme, de ses deux filles, à la limite de la faillite, profondément déprimé, Alain continue pourtant de se battre. À près de 60 ans, cet ancien DRH enchaîne les petits jobs ingrats. Récemment son contremaître turc s’est même offert le luxe de lui botter le cul… Puis un jour, divine surprise, un employeur accepte sa candidature à un poste de cadre. Et le miracle se confirme : Alain Delambre réussit une à une toutes les épreuves conduisant au recrutement. Ce job, il le veut. Farouchement. Il est prêt à tout, à emprunter de nouveau, à mentir, à s’humilier, à se disqualifier aux yeux de sa femme, de ses filles et même à participer à l’ultime épreuve de recrutement imposée par le cabinet de recrutement : un jeu de rôle sous la forme d’une prise d’otages. Alain Delambre fera tout ce qu’on attend de lui pour remporter cette lutte vitale, la dernière lutte de sa vie. Il n’ose même pas imaginer l’échec. Parce que si, malgré ses efforts, son travail, son engagement, ses dettes, sa solitude, il perdait cette bataille…

Alors, sa colère n’aurait plus aucune limite.


Le site de l'éditeur : www.editions-calmann-levy.com

Origin, de Diana Abu-Jaber


























Voici un des premiers titres du catalogue 2010 des éditions Sonatine. Plus d'information bientôt avec la couverture française et le résumé. En attendant, voici les informations en anglais.

Amazon.com
Known for her books on Arab-American themes, Crescent, Arabian Jazz, and The Language of Baklava, Abu-Jaber makes a departure here, into a whole new world of mystery, alienation and unanswered questions. Lena Dawson is a fingerprint expert in Syracuse, New York, at the time that SIDS is, unaccountably, on the rise. When cribs start showing up in the evidence lab, everyone is uncomfortable, Lena more than anyone. She doesn't believe in coincidence; she thinks that there is a serial baby-killer loose.
Lena doesn't know where she came from. Her foster parents tell her only so much, and her mother keeps insisting that their loving presence should be enough for her. Why didn't they ever adopt her? Lena asks the question over and over again, to no avail. Her earliest memories are of a rain forest, an ape mother, fur and leaves and a canopy of trees...was she really raised by apes until she was found by humans and put in foster care? Abu-Jaber has done a masterful job of keeping the suspense going right to the very end. The story is compulsively readable; once you start, you can't stop until you find out what the real story is. Lena's origin has something to do with the crib deaths, but what is it? How could they possibly be connected? With the help of a detective who is more than a friend and an understanding boss and his wife, Lena pursues the question relentlessly, at her own peril. She could be the next victim. Lena also has an ex-husband who is well-meaning most of the time, but really is a certifiable jerk, colleagues who are gossipy backbiters and a goofy neighbor, just to up the ante in this absolutely original (no pun intended) story of identity. Lena is socially inept, reclusive and possessed of an uncanny sense of smell and an intuitive approach to every question. Her character dominates the book, and as she uncovers more and more about herself, her personality opens up and, by story's end, she is becoming what she was meant to be. A departure for Abu-Jaber; a treat for readers.
--Valerie Ryan


Source : www.liberation.fr
Site de l'éditeur : www.sonatine-editions.fr

Je me lance

Bonjour à toutes et à tous,

Ça fait déjà un bail que l'on me tanne pour lancer un blog afin de mettre en avant mes chroniques, il est temps donc de tenter l'aventure.
Alors merci d'avance pour celles et ceux qui prendront le temps de passer ici.

Amitiés,

Fredo ;)